Pierre Curzi reprend son rôle de citoyen
Pierre Curzi triait les derniers souvenirs de sa vie de député à l’occasion du passage du journal dans son bureau du boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, à Beloeil.
Pierre Curzi quitte le monde politique après plus de cinq ans comme député de la circonscription de Borduas. Le Vallée-du-Richelieu Express.ca a rencontré le « citoyen » dans ses bureaux de Beloeil, alors qu’il faisait ses dernières boîtes.
VDRE : Quelle a été votre plus belle réalisation ?
P.C. : La nouvelle Charte de la langue française. Réaliser un tel projet en cinq ans est très rare pour un député de l'opposition, et indépendant. Je vais continuer à suivre le dossier comme simple citoyen. Il faut quelqu’un pour expliquer le sujet afin qu'il ne donne pas lieu à des propos haineux basés sur une complète incompréhension des problèmes et des solutions.
Combien d’heures par semaine en moyenne travaille un député ?
Je ne le sais pas ! (rires) C’est un travail constant en dehors de la période estivale. Il est rare qu’on n’ait pas au moins une activité par jour. Je pense que j’ai travaillé 50 à 60 heures par semaine. Le temps fait partie du métier. On doit être disponible pour les citoyens. Ce n’est pas déplaisant à faire comme activité.
Comment avez-vous apprécié votre expérience à l'Assemblée nationale ?
Il y a beaucoup de temps perdu, mais il faut faire attention. Après cinq ans, j’ai compris que le temps est une donnée importante dans le parlementarisme britannique. C’est souvent utile pour bonifier une loi, mais la période de questions est une perte de temps. Elle sert seulement à alimenter les médias.
Qu’avez-vous trouvé le plus difficile durant votre mandat ?
De constater la distance que la classe politique a envers la population. Cette distance est un véritable problème qu’on a pu constater dans le dossier des gaz de schiste.
Quel projet auriez-vous aimé pouvoir concrétiser ?
J’aurais aimé qu’on puisse faire des progrès dans la bonne compréhension des données linguistiques. Il est difficile d’enlever la partisanerie du sujet. Je ne suis peut-être pas la personne la plus favorable à des consensus, mais j’aurais aimé qu’on se mette d’accord sur un certain nombre de constats. Une vision partagée est la base pour faire de la politique autrement.
Croyez-vous que la langue française sera un jour protégée à « 101 %» ?
(Rires) Non, ce ne serait pas souhaitable. Je ne veux pas dresser un mur autour de la langue française. Je veux simplement qu’elle soit suffisamment vivante pour qu’on puisse vivre tous les aspects de notre vie dans cette langue. Je souhaite qu’on puisse avoir tellement de solidité dans notre langue première que toutes les autres langues nous intéressent.
Regrettez-vous d’être parti de l’équipe de Pauline Marois ?
Non. Toutes mes décisions ont été prises de façon très raisonnée après plusieurs discussions. C’est certain qu'on se demande si l'on aurait aimé être au pouvoir. Mais quelqu’un m’a dit : « C’est vrai que le gouvernement est au pouvoir. Mais est-ce qu’il a beaucoup de pouvoir ? » (rires)
Est-ce qu’on se sent seul lorsqu’on siège comme indépendant ?
Oui, on se sent très seul. Heureusement, on était plusieurs indépendants. C’est là que tu réalises que, quand tu es un individu dans une bonne équipe, c’est l’fun. J’ai eu de bons moments au Parti québécois et j’ai laissé beaucoup de gens pour lesquels j’ai beaucoup d’affection. Ainsi va la vie !
Quelle est la place de la souveraineté dans le contexte politique actuel ?
Elle est plus importante que jamais. Sauf que la souveraineté est un sujet qui a été démonisé. La mondialisation démontre que, si nous n’avons pas un territoire bien défini, nous serons balayés par des forces qu'on ne contrôle plus du tout. Quand on regarde le Québec dans le Canada, on voit que la province n’a rien à dire.
Croyez-vous que votre notoriété acquise grâce à votre carrière artistique vous a bien servi dans votre carrière politique ?
Oui, ce fut un atout formidable parce que j’étais connu dès le départ. Mais c’est un avantage à double tranchant. Les gens ne t’accordent pas le même poids que quelqu’un qui a mené une carrière en dehors du divertissement. Assez rapidement, les gens ont compris que je n’étais pas là pour de fausses raisons et que je ne jouais pas de rôle.
Quel souvenir garderez-vous de votre mandat dans Borduas ?
Les gens ! Je me rends compte que j’ai noué des liens très chaleureux avec beaucoup de gens. Je connais mieux les différents organismes et la vie du comté. C’est agréable, car je suis maintenant un citoyen très à l’aise dans sa vie.
Et maintenant ?
J’ai déjà reçu des offres pour jouer. Je les ai refusées pour le moment, car je trouve que c’est trop rapide. Je veux aussi regarder où j’en suis. La politique donne une belle adrénaline et, comme ce qui s’y passe est très instable, c’est difficile pour moi de dire que je ne reviendrai jamais. Comme c’est aussi dur de dire que je ne serai plus jamais acteur. Je pense que je suis devenu un hybride ! (rires)
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Mark Carney suggère que son projet de loi n'abaisse pas les normes environnementales
Le premier ministre Mark Carney a défendu jeudi, à la Chambre des communes, le projet de loi C-39 de son gouvernement visant à accélérer la réalisation de grands projets, laissant entendre qu'il n'est pas question, dans ce dossier, d'abaisser les «standards», notamment en matière de protection environnementale. La pièce législative, ...
LIRE LA SUITE
L'abandon de la politique relative aux parrainages fait l'objet d'une enquête
Le ministère de l'Immigration surveillera les éventuels effets négatifs d'une décision récente de ne pas prolonger une mesure qui accordait des dérogations en matière de parrainage pour l'obtention du statut de résident permanent à certains réfugiés, a indiqué mercredi la ministre de l'Immigration, Lena Diab. Cette mesure avait été ...
LIRE LA SUITE
Le Canada travaille avec des partenaires sur la sécurité de l'IA
Le ministre responsable de l'Intelligence artificielle, Evan Solomon, a affirmé mercredi que le Canada collaborait avec d'autres pays sur la sécurité de l'IA, mais a laissé entendre que le gouvernement ne jouait pas un rôle de premier plan sur la scène internationale. Le Canada figurait parmi les 20 pays qui ont publié mardi, lors de ...
LIRE LA SUITE