Nous joindre
Publicité

Quand le football fait office de médecine

Sauver des vies ou compter des points? La décision a été difficile à prendre pour Laurent Duvernay-Tardif. C’est finalement son amour du football qui a pris le dessus sur ses études en médecine.

Pourtant, cet ex-étudiant du Collège Saint-Hilaire, qui est classé dans le top 8 du Sport interuniversitaire canadien, a conservé une moyenne de 3,88 sur 4 durant ses études préparatoires en médecine.

Les honneurs ne manquent pas non plus sur le terrain pour le capitaine des Redmen de l’Université McGill. En plus d'avoir été sacré meilleur joueur de ligue défensive et offensive au football universitaire canadien, l'athlète de 22 ans a remporté le prix des « Champions de 1938 de McGill » pour ses performances académiques et sportives.

« C’est demandant, car avec l’externat, je suis constamment à l’hôpital, dit-il. J’arrive au centre hospitalier à 8 h, mais j’ai des réunions de football le matin de 6 h à 7 h 30. Je me retrouve dans une situation où je dois m’entraîner le soir! C’est beaucoup de sacrifices, mais je n’y vois pas de problème, car j’aime ce que je fais. »

Décider son avenir

Pour celui qui a été désigné comme un bel espoir au repêchage 2014 de la Ligue canadienne de football (LCF), l’heure est aux choix.

Approché par six équipes de la NFL, dont les Jets de New York, les Titans du Tennessee, les Texans de Huston et les Packers de Green Bay, celui qui a commencé à jouer au football à 12 ans avec les Pirates du Richelieu ne ferme pas la porte à une carrière aux États-Unis.

« J’ai commencé à aller voir pour trouver un agent. La NFL est une autre ligue et je me suis dit que tant et aussi longtemps que je n’aurai pas été en compétition contre les Américains, je ne peux pas me prouver que j’ai une chance », mentionne le plaqueur offensif, qui s’est récemment entraîné trois mois aux États-Unis.

Pour réussir une carrière américaine, Laurent Duvernay-Tardif devra mettre ses études de côté. « Ce qui est difficile, c’est que je ne peux pas manquer plus que huit mois d'école, sinon mes études seront arrêtées par l’université. Si je vais dans la NFL, le football devient un travail à temps plein, comparativement à la Ligue canadienne, qui a lieu seulement une partie de l’année. C’est un gros choix. Est-ce que ça vaut la peine de recommencer quatre années de médecine pour quelques années dans la NFL? »

C'est finalement le sport qui a pris le dessus, puisque le jeune homme a fait ses bagages. Selon l’entraîneur-chef des Redmen, Clint Uttley, le joueur de 6 pieds 5 pouces et de 305 livres a tout pour réussir. « Laurent possède une éthique de travail exceptionnelle et est un leader naturel, dit-il. En raison de son intelligence, de son intensité et de son gabarit, je crois sincèrement qu’il connaîtra une belle carrière professionnelle, que ce soit dans la LCF ou dans la LNF »

Le cœur à la médecine

Bien qu'il ait décidé de troquer son stéthoscope pour un ballon de football pour quelque temps, Laurent Duvernay-Tardif reste voué à la médecine.

« Le contact avec les gens est le côté que je préfère en médecine, dit-il. Pouvoir vulgariser le côté scientifique est un beau défi. La relation humaine avec le patient est aussi quelque chose de très inspirant pour moi. Je ne pourrais jamais me passer du côté scientifique dans ma vie. La médecine est donc un choix tout indiqué! »

Souvent invité dans des écoles pour des conférences, l'Hilairemontais veut motiver les jeunes à vivre leur rêve. « Peu importe ce qu'on aime dans la vie, il faut essayer. Au départ, je ne croyais pas arriver à pouvoir concilier le football et les études en médecine. La raison pour laquelle je n’y croyais pas, c’est que peu de gens l’avaient fait avant moi. Il faut donc toujours avoir confiance en soi. »

 

RECOMMANDÉS POUR VOUS