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Institut national de santé publique du Québec

Diminution des réactions à la suite de transfusions de produits sanguins

Diminution des réactions à la suite de transfusions de produits sanguins
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Grâce à des mesures mises en place il y a plusieurs années, le taux de réactions secondaires quand un patient reçoit une transfusion de sang ou autre produit sanguin a largement diminué, montre le plus récent rapport de surveillance en hémovigilance de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Il y a eu 2346 réactions transfusionnelles analysées en 2022, dont plus de 81 % étaient reliées aux produits sanguins labiles (un produit issu d’un don de sang, par exemple les globules rouges) et 18 % aux produits stables, c'est-à-dire un traitement fabriqué à partir de produit sanguin, par exemple les immunoglobulines intraveineuses.

Les données indiquent que les taux de réactions transfusionnelles reliées aux produits sanguins labiles ont diminué de 37 % entre 2005 et 2022. «Il faut faire attention parce que quand on dit diminué de 37 %, c'est sur la globalité. Et la grande majorité des réactions, ce sont des réactions bénignes, des réactions fébriles non hémolytiques, les réactions allergiques mineures», soulève en entrevue la Dre Nancy Robitaille, vice-présidente à la médecine transfusionnelle chez Héma-Québec.

De plus, le système d'hémovigilance québécois est volontaire. Il pourrait donc y avoir une sous-déclaration des réactions transfusionnelles.

Les données montrent néanmoins que certaines réactions plus sévères sont à la baisse. Des mesures implantées par Héma-Québec ou dans les centres hospitaliers ont contribué à cette diminution observée.

Par exemple, les infections bactériennes transmises lors d'une transfusion de sang ont chuté énormément.

«Quand on prélève un donneur, il se peut que lors du prélèvement, il y ait une contamination soit avec les bactéries de la peau, ce qui peut arriver plus souvent, ou une bactérie chez le donneur qui est silencieuse, qui n'est pas symptomatique», explique la Dre Robitaille. Rappelons que chaque donneur remplit au préalable un questionnaire pour s'assurer d'être en bonne santé au moment du don.

Depuis 2004, les 40 premiers millilitres de sang récoltés au moment du don de sang sont mis dans une poche de déviation. L'échantillon dans cette poche est utilisé pour faire toutes les analyses nécessaires pour confirmer la sécurité du produit sanguin. «S'il y a des bactéries à la surface de la peau, plutôt que d'aller dans la poche qu'on va transfuser aux patients, ça va aller dans la petite poche. Donc, ça, déjà, ç'a été un changement qui a aidé à diminuer les risques de transfusion de bactéries qui étaient surtout présentes dans les plaquettes, parce que les plaquettes sont gardées à température pièce sur un agitateur», précise Dre Robitaille.

En 2005, une mesure additionnelle a été ajoutée: la culture bactérienne systématique sur tous les produits de plaquettes. Quelques années plus tard, Héma-Québec a augmenté le volume de plaquettes cultivées, passant de 10 à 20 millilitres, et le délai de culture des plaquettes est passé de 24 à 48 heures. «On était encore plus performants», résume Dre Robitaille.

Le rapport de l'INSPQ indique que «depuis l’implantation de ces mesures il y a sept ans, aucun cas d’infection bactérienne d’imputabilité certaine sur environ 240 000 doses de plaquettes n’a été déclaré (de 2016 à 2021). À partir de fin octobre 2015, ce risque résiduel est estimé à 1/1 000 000 à Héma-Québec».

Selon la Dre Robitaille, la plus grande valeur d'un système d'hémovigilance est de repérer s'il y a de nouvelles réactions qui émergent. «Si personne n'en parle, que ce n'est pas collecté et que ça arrive dans un hôpital, puis à une autre place, on ne le saura pas. Tandis que si on voit un signal d'alarme, ça va nous permettre d'être plus proactifs pour assurer la sécurité des receveurs. Donc, on est chanceux. On a un système d'hémovigilance qui est robuste au Québec et je pense que c'est un acquis qu'il faut conserver.»

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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