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Les régulateurs des marchés financiers doivent maintenant intervenir, estime-t-il

Climat: un actionnaire activiste ne croit plus à l’approche volontaire

Climat: un actionnaire activiste ne croit plus à l’approche volontaire
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Tenter de convaincre les entreprises de réduire leurs émissions n’a pas donné les résultats espérés, estiment les Investisseurs pour l’accord de Paris (IPAP). Les régulateurs des marchés financiers doivent maintenant intervenir, plaide le groupe d’investisseurs activistes, qui mettra fin à ses activités sous peu.

Depuis cinq ans, l’organisme dialogue avec de grandes sociétés canadiennes cotées en Bourse pour «les forcer à respecter leurs propres engagements volontaires en matière de climat», raconte son conseiller principal, Renaud Gignac, en entrevue.

«On est arrivé au constat que les résultats sont limités, déplore-t-il. On a du mal à faire bouger les grandes entreprises. Il y a même eu des reculs.»

Avec ce constat, IPAP croit qu’il revient aux régulateurs du secteur financier, comme l’Autorité des marchés financiers (AMF) au Québec, d’intervenir en prenant «la pleine mesure des risques climatiques».

Dans un dernier rapport avant de tourner la page, l’organisme évalue le travail des principaux régulateurs canadiens.

Sa conclusion: les gendarmes des marchés boursiers et de l’industrie financière pourraient avoir plus de mordant sur les questions climatiques. «On se limite beaucoup aux exigences de divulgation des risques climatiques», critique M. Gignac.

«Il n’y a pas de mesure de surveillance de ces lignes directrices là, avance-t-il. Du moins de façon transparente, on ne les voit pas. Il n’y a pas de sanctions en cas de non-respect.»

M. Gignac souhaiterait l’imposition de la divulgation des émissions de portée 3, la plus large mesure qui inclut les émissions indirectes.

Il voudrait également que les gendarmes boursiers soient plus sévères et surveillent de plus près la divulgation des entreprises sur leurs émissions, leurs communications environnementales et leurs risques de transition énergétique.

Dans le bulletin de l’IPAP, l’AMF et le Bureau du surintendant des institutions financières (BISF) obtiennent une note supérieure à la moyenne. Le rapport souligne la mise en œuvre d’exigences de divulgation des risques climatiques pour les assureurs et les banques.

«Toutefois, aucun de ces deux organismes de réglementation n’a encore traduit ces risques climatiques en exigences de fonds propres, en obligation d’élaborer des plans de transition ou en mesures d’application transparentes», peut-on lire dans le document.

Mieux connaître le risque

Le rôle environnemental que pourraient jouer les régulateurs du système financier est une approche rarement discutée. D’autres idées attirent davantage l’attention, comme le stockage de carbone, l’électrification des transports, l’écofiscalité ou les changements d’habitudes de consommation.

Pourquoi s’attarder à cette question? Parce qu’en informant mieux les investisseurs des risques climatiques liés à leurs activités, les investisseurs auraient plus d’information pour allouer leur capital vers les entreprises les moins exposées à ce risque, répond M. Gignac.

«L’allocation des capitaux dans l'économie pourrait se faire de façon optimale vers les secteurs qui sont moins risqués, les secteurs d'avenir, mais le problème, c'est qu'on n'a pas toute l’information», expose-t-il.

Autrement dit, les entreprises plus performantes sur le plan environnemental seraient récompensées dans les marchés financiers.

Le risque financier est réel pour les entreprises. Les assureurs en sont les premiers témoins, tandis que les dommages liés aux événements météorologiques sont plus fréquents, note M. Gignac. «C’est un peu le canari dans la mine.»

Le secteur pétrolier – et les institutions financières qui le financent – est aussi confronté à un risque de transition énergétique, ajoute-t-il. «L’économie canadienne est fortement exposée et cette exposition ne diminue pas à mesure que le monde évolue vers une économie plus propre

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

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