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Santé

Les GLP-1 comme l'Ozempic nettement plus populaires aux États-Unis qu'au Canada

Les GLP-1 comme l'Ozempic nettement plus populaires aux États-Unis qu'au Canada
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Environ 11 % des adultes américains déclarent prendre un médicament GLP-1 sous ordonnance, contre 8 % des Canadiens, montrent les résultats d'un sondage Léger dévoilés mardi. En extrapolant ces données, il y aurait plus de 28 millions d'Américains qui prennent ces médicaments et plus de 3 millions de Canadiens.

Les médicaments GLP-1 (peptide-1 de type glucagon), comme le sémaglutide, attirent énormément l'attention depuis quelques années. Parmi les marques les plus connues, on peut nommer l'Ozempic, le Rybelsus et le Wegovy. Ces médicaments sont utilisés dans le traitement du diabète de type 2 et dans la gestion du poids.

Le coup de sonde nous apprend également que nos voisins du Sud sont deux fois plus susceptibles d'être intéressés par un médicament GLP-1. Parmi les répondants ayant indiqué ne pas prendre ces molécules, 12 % des Américains ont dit être intéressés contre 6 % des Canadiens.

La perte de poids est la principale raison d’envisager la prise de médicament GLP-1. C'est vrai pour 58 % des Canadiens et 71 % des Américains. La seconde raison la plus nommée était pour la santé métabolique/diabète.

Par ailleurs, les femmes sont plus susceptibles d’évoquer la perte de poids. Les hommes mentionnent davantage la réduction du risque cardiovasculaire. Fait intéressant, au Canada, 36 % des femmes ont payé en totalité le coût pour un médicament GLP-1, contre seulement 13 % des hommes.

Les résultats montrent que le coût est en partie couvert par l'assurance pour 61 % des hommes, comparativement à 33 % des femmes. Pour le quart des répondants, le montant est payé en totalité par l'assurance.

«La perte de poids est la principale raison évoquée pour prendre un GLP-1, mais aussi le diabète de type 2. On peut avoir deux raisons dans ce sondage parce qu'on sait que ça peut être prescrit pour plusieurs raisons. [...] On a demandé cette question aux personnes qui prennent actuellement les GLP-1 et aussi aux gens qui ont un intérêt», a précisé en entrevue Melicent Lavers-Sailly, vice-présidente de Léger Santé, la division santé de Léger.

L'économie autour de l'appétit change

«Les GLP1 ne sont plus un sujet de niche, fait valoir Mme Lavers-Sailly. C'est maintenant une réalité importante pour les consommateurs et le système de soins de santé. Ce qui frappe, c'est que les utilisateurs disent avoir changé pas seulement au niveau de l'appétit, mais aussi les envies, les habitudes au restaurant, les choix à l'épicerie et où ils dépensent leur argent

De façon plus détaillée, concernant les habitudes au restaurant depuis la prise de GLP-1, 35 % des Canadiens ont dit commander des portions plus petites, contre 51 % des Américains.

Les changements sont plus marqués du côté américain. Plusieurs ont dit choisir des portions plus allégées ou saines (34 % au Canada, contre 53 % aux États-Unis); commander la même quantité, sans finir son assiette (34 % au Canada, contre 44 % aux États-Unis); et sauter les entrées ou les desserts (31 % au Canada, contre 40 % aux États-Unis).

«Si l'appétit change, l'économie autour de l'appétit change, souligne Mme Lavers-Sailly. Les utilisateurs mentionnent surtout une baisse de l'appétit, des portions et des envies réduites, et aussi des changements dans les dépenses: moins d'argent au restaurant, et plus vers les vêtements, le conditionnement physique, les soins personnels, les vitamines et les suppléments. Dans la consommation, on voit plus de fruits et légumes frais et plus de protéines, encore plus aux États-Unis, et moins de collations sucreries, moins de boissons sucrées, moins d'alcool et moins de repas à emporter

Le coût, un frein majeur au Canada

«Ce qu'on a vu, c'est qu'au Canada, le grand obstacle, c'est le coût. Environ la moitié des personnes intéressées seraient plus susceptibles d'en prendre si la couverture d'assurance s'améliorait ou si un générique moins cher était disponible», soulève Mme Lavers-Sailly.

Les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d’être influencées par le prix, ce qui peut s’expliquer en partie par le fait que davantage de femmes prennent ces médicaments pour perdre du poids. Au Québec, les GLP-1 sont remboursés uniquement pour le traitement de diabète de type 2. C'est la même chose ailleurs au Canada.

«Aux États-Unis, il y a beaucoup plus de personnes qui prennent un GLP-1 qui ont plus d'argent. On ne voit pas cette différence au Canada», précise Mme Lavers-Sailly. En effet, par revenu pondéré, pour ceux qui gagnent moins de 100 000 $ par année, 9 % des Canadiens prennent un GLP-1 et cela chute à 5 % pour ceux qui gagnent plus de 100 000 $ annuellement. Aux États-Unis, avec les mêmes comparaisons de revenus, 16 % des plus riches prennent un GLP-1, contre 9 % de la tranche moins aisée.

Le rapport de la firme Léger suggère que l'intérêt plus bas au Canada pour les médicaments GLP-1 pourrait s'expliquer en partie parce que la prévalence de l’obésité et du diabète de type 2 est plus élevée aux États-Unis.

De plus, 47 % des Canadiens qui ont mentionné ne pas prendre de GLP-1 sur ordonnance ont indiqué ne pas connaître les médicaments GLP-1, contre 33 % des Américains. La question qui précédait celle-ci donnait plusieurs exemples de marques de médicaments, comme l'Ozempic.

Le sondage Léger a été réalisé en ligne auprès de 1012 Américains et 1536 Canadiens du 6 au 9 février 2026. Pour le Canada, la marge d'erreur pour un échantillon de cette taille est évaluée à plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20, pour les États-Unis elle s'élève à 3,1 %.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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