Institut national de la recherche scientifique
Une découverte québécoise pourrait renforcer le système immunitaire face au sida
Des travaux réalisés à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) pourraient un jour mener au développement de thérapies qui permettraient au système immunitaire de combattre plus efficacement le sida.
Les scientifiques savaient déjà que le virus de l’immunodéficience humaine, le VIH, s’attaque particulièrement à un type de globules blancs qui jouent un rôle de première importance dans le système immunitaire, les lymphocytes CD4.
Le doctorant Hamza Loucif et le professeur Julien van Grevenynghe ont montré qu’en optimisant le métabolisme énergétique de ces cellules clés, les personnes atteintes du VIH pourraient mieux se défendre contre le virus.
Avec un meilleur métabolisme, ces globules blancs verraient leur rôle augmenté dans la protection contre le virus et donc dans l’amélioration de la réponse du système immunitaire.
« C’est un petit peu comme si vous regardiez une voiture et que vous regardiez le problème en regardant la carrosserie, alors qu’il faut regarder un petit peu plus le moteur, qui est un petit peu à l’origine même d’assurer une bonne carrosserie et d’assurer une bonne façon de fonctionner pour la voiture », a illustré le professeur van Grevenynghe.
En d’autres mots, son collègue et lui ont montré qu’il devrait être possible de redonner à ces cellules immunitaires leur efficacité d’antan en améliorant leur «moteur» (leur métabolisme).
Cette optimisation métabolique exploite un processus de recyclage cellulaire appelé l’autophagie. L’autophagie chez les CD4 fournit des acides aminés pour alimenter la mitochondrie qui sert de centrale énergétique. Cette énergie est ensuite utilisée pour sécréter la protéine interleukine−21 (IL−21) qui joue un rôle clé dans la défense contre le VIH.
Lors de travaux précédents, le professeur van Grevenynghe et son équipe avaient constaté que l’interleukine−21 serait en mesure d’optimiser l’apport énergétique et le fonctionnement immunitaire des lymphocytes.
« Il existe dans la nature des individus qui sont capables de coexister complètement avec le (VIH) sans avoir besoin de prendre de médicaments, a dit le chercheur. On essaie de comprendre ce que ces individus ont de mieux par rapport aux autres, et ce qui nous a beaucoup intéressés et qui a fait ces deux publications successives, c’est le fait de prendre conscience que ces individus ont un avantage métabolique, un avantage du ’moteur’ de leur voiture.»
Ces découvertes pourraient avoir des répercussions dans la lutte contre d’autres problèmes de santé que le sida, puisque plusieurs maladies présentent également un dérèglement métabolique, a−t−il ajouté.
Jean−Benoit Legault, La Presse Canadienne.
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