Enquête annuelle de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec
18 % de pharmaciens manquants dans les établissements de santé de la Montérégie
Selon la plus récente Enquête annuelle de l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S), le manque de pharmacien d'installation se fait sentir en Montérégie. Les conclusions de cette analyse démontrent que cette région enregistrait un taux de pénurie de 18%.
Sur un total de 142 postes de pharmaciens dans les établissements de santé de la Montérégie, 26 postes de pharmaciens en équivalent temps complet (ETC) sont demeurés non comblés.
À l’échelle du Québec, un poste de pharmaciens d’établissements sur cinq (19 %) était à non comblé.
L’A.P.E.S. tire la sonnette d’alarme, car cette pénurie nuit à la couverture de soins pharmaceutiques offerte aux patients hospitalisés, ambulatoires et hébergés en CHSLD. L’insuffisance de soins pharmaceutiques en établissement de santé engendre aussi plusieurs conséquences négatives telles :
- l’augmentation des risques d’incidents et d’accidents médicamenteux;
- l’allongement de la durée moyenne des hospitalisations;
- des risques d’effets indésirables et d’interactions;
- des retours à l’urgence et des réhospitalisations
- une diminution de la qualité de vie des patients;
- des coûts supplémentaires pour le système de santé.
L’A.P.E.S. réclame donc des actions rapides du gouvernement du Québec afin de résorber la situation et éviter des conséquences trop importantes sur les soins et services à la population.
« Nous sommes arrivés à un point où la pénurie nuit à la couverture de soins pharmaceutiques offerte aux patients hospitalisés, ambulatoires et hébergés en CHSLD. Or, dans un contexte de vieillissement de la population et d’explosion des problèmes de santé aigus et chroniques, un établissement de santé doit pouvoir compter sur un nombre suffisant de pharmaciens. En tant qu’experts des médicaments, ceux-ci doivent faire partie plus systématiquement des équipes de soins, dans une logique d’interdisciplinarité », a déclaré le président de l’A.P.E.S., François Paradis.
Assurer une rémunération concurrentielle et prévisible
Le renouvellement de l’entente de travail entre les pharmaciens d’établissements et le gouvernement du Québec, venue à échéance le 31 mars 2020, est une occasion à saisir pour accroître la capacité du réseau d’intéresser la relève à la pratique en milieux hospitaliers et de soins de longue durée. De 20 % à 50 % de la rémunération des pharmaciens d’établissements repose aujourd’hui sur des mesures dites « temporaires », lesquelles sont remises en question à chaque négociation. L’A.P.E.S. souhaite que ces mesures soient pérennisées afin de mettre fin à l’incertitude entourant les conditions des pharmaciens d’établissements.
« Dans les dix dernières années, on a diplômé en moyenne 62 pharmaciens par année du programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée, qui prépare à la pratique en milieu hospitalier. Bien qu’on observe une croissance notable des admissions au programme, il faut stimuler l’attrait pour la profession. Cela passe
notamment par la fiabilité de la rémunération », a souligné M. Paradis.
« Voilà plus de 10 ans que ces mesures ont été mises en place. Elles n’ont plus de temporaires que le nom. Le ministère de la Santé et des Services sociaux et l’A.P.E.S. ont unanimement reconnu, dans un rapport conjoint déposé à l’automne 2019, l’efficacité et la pertinence de ces mesures. Leur rapport, fruit de travaux
réalisés en comité sur une période de 18 mois, en recommande la reconduction. Que faut-il de plus pour convaincre le gouvernement ? », a pour sa part demandé Mme Linda Vaillant, pharmacienne et directrice générale de l’A.P.E.S.
Les mesures temporaires ont notamment permis l’allongement de la semaine de travail d’environ 10 %, ce qui équivaut à l’addition de plus de 130 pharmaciens d’établissements à temps complet au réseau. Elles reconnaissent aussi la contribution des pharmaciens dans les milieux où sont formés les résidents en
pharmacothérapie avancée. Enfin, elles prennent en compte les difficultés de recrutement particulièrement importantes dans certaines régions.
Globalement, elles contribuent à une rémunération plus concurrentielle au regard de celle versée aux pharmaciens à l’emploi des pharmacies de quartier. Ces pharmacies constituent le principal milieu de travail des pharmaciens au Québec. Sans une rémunération à tout le moins compétitive, les jeunes pharmaciens
vont à nouveau délaisser les établissements de santé. Un écart de rémunération majeur entre les milieux de pratique a d’ailleurs alimenté, dès les années 2000, la pénurie d’effectifs que l’on s’efforce toujours de renverser.
Les chiffres compilés dans cette enquête annuelle ont été établis sur la base des données fournies par les départements de pharmacie des établissements de santé du Québec. Sur 40 départements, 37 ont participé à cette enquête de l’A.P.E.S., soit un taux de réponse de 92,5 %. L’enquête couvre l’exercice budgétaire des établissements de santé du 1er avril 2019 au 31 mars 2020.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...
LIRE LA SUITE
Les escaliers sont bons pour le cœur
Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...
LIRE LA SUITE
Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...
LIRE LA SUITE
