Agrile du frêne : la région menacée
ENVIRONNEMENT. Entre 20 et 30 % des arbres de la région sont menacés de disparaître dans un avenir rapproché. Avec l’arrivée de l’agrile dans certaines villes, comme Mont-Saint-Hilaire, les frênes risquent de tomber comme des mouches!
L’agrile du frêne tue 95 % des arbres de cette espèce qui se trouvent sur son passage, indique Geneviève Poirier-Ghys, responsable de la conservation au Centre de la nature du mont Saint-Hilaire. Selon elle, les ravages seront visibles après l'arrivée de cet insecte.
« En milieu urbain, le frêne a beaucoup été utilisé dans les années 90. Nous ne perdrons pas que des arbres avec cette infestation, mais aussi une qualité écologique, en raison des effets de l’ombre sur la nature. Le paysage sera aussi écorché », explique-t-elle, soulignant que certaines rues comme le boulevard de la Gare, à Mont-Saint-Hilaire, sont bordés de frênes à 80 %.
Le Ville de Mont-Saint-Hilaire, qui ne plante plus de frênes depuis 2010, suit de près la situation. L’insecte coléoptère a été repéré dans les parcs des Peupliers et Félix-Racicot.
« Des mesures de confinement ont été prises l’an dernier. Nous avons abattu les arbres infectés par l’argile, ce qui a permis de confiner l’espace où il était présent. Six pièges seront à nouveau placés dans les arbres cette année pour détecter de nouveaux endroits », indique le directeur du Service de l'aménagement du territoire et de l'environnement de Mont-Saint-Hilaire, Bernard Morel.
En mode prévention
Bernard Morel insiste sur importance de ralentir l’infestation, afin de pouvoir étaler les coûts d'abattage massif et de minimiser les effets sur le paysage. Un traitement préventif au TreeAzin, un produit biologique, et de l'abattage préventif est prévu dans les prochaines années en cas de réelle infestation, fait-il savoir.
À Otterburn Park, des mesures ont aussi été mises en place pour réduire les impacts néfastes causés par l'agrilus planipennis. La responsable des communications, Jenifer Brault, mentionne que la Ville a commencé à planter d'autres arbres à proximité des frênes l'an dernier.
« Pour ce qui est des espaces publics, avec la grande variété d’essences qui ont été plantées, la Ville est bien positionnée. Les effets de l’agrile ne seront pas catastrophiques. Pour l’instant, il est difficile de voir les effets. On suppose qu'ils devraient apparaître sous peu. » Un bilan sera fait cet été, indique Mme Brault.
À Beloeil, d'autres cultures arboricoles ont aussi été plantées près des frênes. La responsable des communications de la Ville, Geneviève David, dit que des travaux de dépistage seront exécutés cet été.
« Nous allons regarder, avec des pièges à phéromone, où est l'agrile sur le territoire. Nous serons ensuite capables de répertorier les foyers d’infestation et procéder à l’écorchage des branches pour connaître l’étendue des dégâts causés par les larves à la cime des arbres. »
Peu de dégâts sur la montagne
Les dégâts causés par l'agrile du frêne sur le mont Saint-Hilaire ne devraient pas être trop visibles, selon la responsable de la conservation au Centre de la nature.
« Oui, les frênes peuvent être attaqués, mais ça ne changera pas le paysage, indique Geneviève Poirier-Ghys. Certains vont mourir, mais l’impact en milieu naturel est moindre qu’en milieu urbain, en raison de la grande diversité des espèces présentes. »
La spécialiste précise que les frênes représentent seulement 10 % des arbres de la réserve naturelle. « Un chercheur du Service canadien des forêts s’est rendu compte qu’un impact significatif arrive quand il y a plus de 30 % de frênes dans le milieu naturel. Il n’y aura donc pas de traitement, ni de coupe préventive dans la montagne », mentionne-t-elle, ajoutant qu’un programme de récolte de semences permettra de replanter des arbres après le passage de l’insecte.
Quelques données
- 95 frênes dans les espaces publics à Otterburn Park.
- 155 frênes répertoriés à Beloeil jusqu’à maintenant.
- Mont-Saint-Hilaire procède présentement à son inventaire.
- Les frênes infectés meurent généralement après 2 ou 3 ans.
- Le frêne peut vivre jusqu'à 200 ans.
- Un frêne dont 30 % des branches dépérissent ne peut généralement pas être sauvé.
- Au Québec, l’agrile du frêne a été observé pour la première fois à Carignan, en 2008.
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