« Ce trou, c’est le Vieux-Beloeil qui disparait »
Dès le premier jour de la tragédie à Lac-Mégantic, des pompiers de la Vallée-du-Richelieu ont offert leur aide à leurs confrères éplorés. Mais cette fois, un beau « problème » se posait : la liste de pompiers volontaires était longue.
Près de deux semaines après la tragédie, un contingent formé de quelques équipes de pompiers de Beloeil, de Mont-Saint-Hilaire, d'Otterburn Park et de McMasterville ont finalement pu offrir leur support pendant quelques jours. Le lieutenant Martin Dussault est l’un de ces pompiers volontaires.
« On est une trentaine de pompiers de notre région. (…) Cette scène de crime n’est pas quantifiable, ni mesurable, mais émotionnelle. C’est en même temps un privilège d’être ici. Avec toute la quantité de soutien en place, les épaules des citoyens se relâchent de soulagement. Juste ça, c’est notre paie », confie-t-il.
Protection et recherche
« On ne veut pas nuire à la sécurité incendie de notre région. Aussi, on s’est entendu avec les autres personnes de la MRC (avec la collaboration de Jacques Caron, agent de planification régionale en sécurité incendie pour la MRC de la Vallée-du-Richelieu) avant de venir. Au début, c’était de l’extinction. Maintenant, c’est de la protection et de l’aide à la recherche. (…) Personne ne peut se préparer à un événement d’envergure comme celui-là, même pas Montréal », évalue le pompier Jean-Christian Bilodeau.
« Je pense que les gens de Lac-Mégantic vont ressortir extrêmement forts » Martin Dussault, lieutenant du Service de sécurité incendie de Beloeil
Jeudi dernier, les pompiers de Beloeil ont effectué un balayage des sous-sols des bâtiments à proximité des wagons. « C’est encore plein de pétrole. Il a fallu se protéger complètement contre les émanations toxiques. Il y avait des logements, au deuxième étage. Ce sont tous des gens qui dormaient. On peut imaginer… », ajoute M. Dussault.
Images apocalyptiques
M. Dussault s’est rappelé le déraillement de train survenu en 1999, entre Mont-Saint-Hilaire et Sainte-Madeleine, ayant causé la mort des conducteurs.
« C’était le même genre de train, mais il venait de sortir du secteur résidentiel de Mont-Saint-Hilaire pour se diriger vers Sainte-Madeleine. Ç'a été un coup de chance. Ce qu’on voit à Lac-Mégantic, ce sont des images apocalyptiques », décrit M. Dussault.
Le lieutenant poursuit en ajoutant que Beloeil a vécu aussi un déraillement. L’accident ferroviaire le plus meurtrier de l’histoire du Canada, arrivé le 29 juin 1864, a entraîné 99 morts.
« Je viens d’une ville de 7000 habitants. Le train ne passe pas en ville. Mais à Beloeil, on se disait que le trou laissé par la tragédie équivaut carrément au Vieux-Beloeil qui disparaît », illustre le lieutenant Dussault.
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