Lutter contre l'intimidation sur plusieurs fronts
Le nombre d'enquêtes criminelles reliées à l'intimidation dans les écoles de la région a doublé de 2011 à 2012, passant de 12 à 25. Non pas parce qu'il y a plus de cas, mais bien parce que les jeunes osent briser le silence.
Selon la Régie intermunicipale de police Richelieu−Saint-Laurent, ces 25 enquêtes se sont soldées par des mesures extrajudiciaires, qui sont utilisées dans le cadre de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescent (voir encadré), ou par des dossiers criminels.
« Souvent, quand on se fait intimider, on se fait dire de ne pas en parler. C'est la pire chose à faire. Le message que l'on transmet dans nos conférences, c’est de dénoncer! Là, on en a la preuve », explique le sergent Pierre Tremblay, de la Régie intermunicipale de police Richelieu−Saint-Laurent.
Avec l'arrivée d'Internet, des téléphones intelligents et des réseaux sociaux, le phénomène, qui se déroulait seulement de jour, à l'école, est maintenant un problème à temps plein pour les victimes.
« Avant, un élève qui s'était fait intimider à l'école revenait chez lui et c'était fini. Maintenant, il revient, il ouvre son ordinateur pour jaser avec ses amis et ça continue. L'intimidation, c'est 24 heures sur 24 », indique le porte-parole.
Celui-ci ajoute que l'intimidation à l'école et la cyberintimidation ne sont plus dissociables. « Si un jeune tient des propos diffamatoires le soir, sur Internet, le lendemain, sa victime, elle devra vivre avec les conséquences », poursuit-il.
Depuis 2005, le corps policier se promène dans les écoles pour offrir des conférences aux élèves de sixième année du primaire et du secondaire afin de les sensibiliser à cette problématique et de les informer sur le système judiciaire, ainsi que sur les droits de la personne.
Les écoles avant tout
D'où l'importance pour les écoles d'avoir un plan concret pour réagir à la situation puisqu'elles sont les premières intervenantes dans le dossier avec les parents.
« On a une très bonne collaboration avec les écoles, indique le sergent Tremblay. Nous sommes là pour les soutenir dans leurs démarches et dans leurs programmes contre l'intimidation. En tout temps, on peut faire appliquer la loi. »
Il cite en exemple le cas d'un jeune suspendu en raison d'intimidation. La police peut alors se rendre dans l'établissement scolaire à son retour en classe pour lui expliquer la gravité des gestes qu'il a commis. Elle peut aussi prêter assistance dans certains dossiers plus graves.
De son côté, la Commission scolaire des Patriotes a indiqué que chaque école a son propre plan adapté à la lutte contre l'intimidation. Son sur son site Internet, elle explique aussi comment vivre sur les médias sociaux comme dans la vraie vie.
« On veut vraiment sensibiliser les élèves à se comporter de façon adéquate sur les réseaux sociaux comme dans la cour d'école », mentionne Lyne Arcand, porte-parole de la Commission scolaire des Patriotes.
Mme Arcand ajoute que l'approche de l'établissement est axée sur la prévention et la sensibilisation, et que la commission scolaire intervient quand cela est nécessaire.
Responsable de ses écrits sur Internet
Si la Régie traite avec la cyberintimidation depuis 2005, elle avait déjà des plaintes sur celle-ci avant cette année, mais se demandait toujours si le cyberespace était un lieu de crime. La réponse est oui.
« Les jeunes se sentent en sécurité sur Internet, à l'abri, dans leur chambre, avec personne autour. Ils vont se vider le cœur. Tout ce qu'ils écrivent, ils vont le rendre publique. Tu es responsable de tout ce que tu écris sur Internet », affirme le sergent Pierre Tremblay, précisant que les crimes les plus fréquents sont l'intimidation, le harcèlement et le libelle diffamatoire.
Celui-ci prévient aussi que tout ce qui est envoyé sur Internet, photos ou vidéos embarrassantes, reste sur la Toile.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer
La pratique d'une activité physique structurée chez les patients atteints d'un cancer est associée à une amélioration de la survie et à une réduction du risque de récidive, allant donc bien au-delà des soins de soutien et des traitements symptomatiques, rapporte une nouvelle méta-analyse taïwanaise. Ces résultats s'inscrivent dans le ...
LIRE LA SUITE
Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...
LIRE LA SUITE
Les escaliers sont bons pour le cœur
Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...
LIRE LA SUITE