Infections transmissibles sexuellement : la Montérégie est touchée
La santé sexuelle n’est pas intégrée complètement dans la santé en général, estime la Dre Jocelyne Sauvé, directrice de la santé publique de la Montérégie.
Cette année, environ 40 000 personnes recevront au Québec un diagnostic d’infection transmissible sexuellement ou par le sang (ITSS). La Journée de sensibilisation à la santé sexuelle et génésique, qui a lieu aujourd'hui, le 12 février, rappelle que cette véritable épidémie touche également la Montérégie.
En effet, dans la région, entre le 1er janvier et le 30 avril 2012, le nombre de cas de chlamydiose déclarés enregistre une croissance maintenue qui s'élève à 1024, selon Santé publique Montérégie. Près des trois quarts des personnes atteintes sont des femmes.
Chez les jeunes 15 à 24 ans, le nombre de cas de syphilis infectieuse s'élève à 11, sur les 21 répertoriés. Pour Santé publique Montérégie, il s'agit d'une « problématique en émergence ».
Durant cette même période, le nombre de cas déclarés de gonorrhée a par contre été de 58, soit une baisse de 40 % par rapport à la même période en 2011. La moitié de ces cas ont été déclarés chez des hommes.
« La santé sexuelle n’est pas intégrée complètement dans la santé en général. Le dépistage à la suite d'une relation non protégée ne fait pas encore partie des mœurs. Malgré l’accès à l’information, il y a encore un niveau élevé de méconnaissance face à la sexualité », explique Dre Jocelyne Sauvé, directrice de la santé publique de la Montérégie.
Difficile de trouver une cause précise à l’expansion des ITSS. Des études démontrent que l’âge de la première relation sexuelle et le port du condom sont restés relativement stables dans les dernières années.
« On estime que ce serait plutôt certaines pratiques qui seraient différentes, comme le sexe en groupe, les relations anonymes sur le Web et les sites pornographiques, mentionne Dre Sauvé. Aussi, le fait qu’on ne meurt plus du SIDA viendrait banaliser certains comportements imprudents. »
Des coûts considérables
Bien que les ITSS frappent plus souvent les jeunes, les adultes sont loin d’être à l’abri, particulièrement en cas de relations instables. « Nous avons l’impression que les adultes se sentent, à tort, moins concernés par les ITSS que les jeunes. Pourtant, ils vivent également une problématique. Toute personne avec plus d’un partenaire ou qui a un nouveau partenaire court un risque », précise Jocelyne Sauvé.
Les coûts sociaux et financiers des ITSS sont considérables. En plus des impacts sur la vie psychologique de certains patients, les sommes liées aux traitements généraux et à la fécondation in vitro (certaines ITSS causent l’infertilité) sont majeures.
L’accessibilité au dépistage et aux soins est donc primordiale pour lutter contre les ITSS. Les actes délégués aux infirmières permettent d'y contribuer.
La santé sexuelle ne se résume toutefois pas aux ITSS et à la contraception. Le respect prime. « L’éducation à la sexualité, ce n’est pas juste de parler de sexe aux adolescents, dit Dre Sauvé. Ça commence dès le primaire, en parlant de la qualité des relations gars-fille, de l’estime de soi, des compétences personnelles et sociales qui auront un impact sur leurs futurs comportements. »
Le site Web interactif monprofilsexe.com, qui sera lancé sous peu, donnera des recommandations aux jeunes en fonction de leur profil sexuel. Pour informations : www.itss.gouv.qc.ca.
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