À l'époque où les étrennes venaient du petit Jésus…
Les Fêtes ont bien changé depuis l'époque où les étrennes se donnaient au jour de l’An et les voisins faisaient la tournée des maisons pour prendre un « petit remontant ». Maintenant, l'aspect commercial a pris le dessus sur la chaleur humaine. Les cadeaux viennent de chez Costco et les voisins font la tournée… dans le sud !
« En 1930, les courses folles dans les magasins pendant un mois pour acheter des cadeaux n’existaient pas. De toute façon, les bons chrétiens ne croyaient pas encore au père Noël. Les étrennes venaient du petit Jésus et on les recevait le matin du jour de l’An », se rappelle Onil Perrier, président de la Société d’histoire des Riches-Lieux.
En effet, les cadeaux étaient distribués le matin du jour de l’An, après la messe. La tradition des cadeaux de Noël a changé sous l'influence anglaise, souligne Richard Pelletier, président de la Société d’histoire de Saint-Basile-le-Grand.
À l’époque, Noël était avant tout l’occasion d’assister à la grande messe de minuit. « On devrait dire les messes, car le prêtre en célébrait trois, en latin évidemment. Et il le faisait le plus rapidement possible. Lui aussi avait hâte d’aller réveillonner et d’aller manger de la tourtière ! » se souvient M. Perrier.
Sa mère cuisinait d'ailleurs plusieurs tourtières avant le temps des Fêtes et les gardait au froid dans la remise, ajoute-t-il. « Elle nous préparait aussi de beaux vêtements et décorait l’arbre, un vrai, que nous avions nous-mêmes coupé à la campagne. »
« En 1930, les courses folles dans les magasins pendant un mois pour acheter des cadeaux n’existaient pas. De toute façon, les bons chrétiens ne croyaient pas encore au père Noël. Les étrennes venaient du petit Jésus et on les recevait le matin du jour de l’An. » Onil Perrier, président de la Société d’histoire des Riches-Lieux
Prendre un petit coup
Si Noël était l’occasion de prier, le jour de l’An était le bon temps pour fêter. « La journée commençait par la messe. Les hommes faisaient ensuite la tournée des voisins, tandis que les femmes les attendaient à la maison avec des biscuits et du rhum. En soirée, on dansait et on chantait dans de grandes fêtes familiales », raconte M. Pelletier.
La tournée des voisins a aussi marqué Onil Perrier, qui conserve un souvenir très net de son père et de quelques-uns de ses amis. « Ils arrivaient aux portes en chantant et se faisaient servir un petit coup de fort qui les réchauffait et les faisait chanter encore plus fort. »
Le dimanche suivant le jour de l’An, c’était au tour des enfants, du moins ceux de Saint-Basile-le-Grand, de participer à la fête de l’Enfant Jésus. Des bonbons leur étaient distribués pour l’occasion.
Bien que moins populaire aujourd’hui au Québec, la fête des Rois avait aussi à l'époque de l'importance. « C'était obligatoire, les gens étaient en congé, indique Richard Pelletier. C’était à cette date que les statuettes des Rois mages faisaient leur apparition dans la crèche. »
On servait pour l'occasion le fameux gâteau des Rois, dans lequel une fève avait été insérée. Celui ou celle qui la retrouvait dans son morceau devenait le roi ou la reine de la soirée.
De nos jours, le roi est souvent celui qui reçoit le plus de cadeaux et la reine, celle qui est la plus bronzée...
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