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L'intimidation est l'affaire de tous

Jasmin Roy, Mélanie Auger (éducatrice spécialisée), Nathalie Nadeau (directrice de l'école l'Odyssée) et Cédrick Beauregard (directeur général de la Fondation Jasmin Roy.

Jasmin Roy, Mélanie Auger (éducatrice spécialisée), Nathalie Nadeau (directrice de l'école l'Odyssée) et Cédrick Beauregard (directeur général de la Fondation Jasmin Roy.

L'intimidation est une chose qu'on doit lutter au quotidien, pas juste à l'occasion d'une journée spéciale.

Voilà le message qu'a livré Jasmin Roy aux élèves de l'école l'Odyssée à Sainte-Catherine alors qu'il était de passage dans cette institution pour recevoir un chèque de 1000$, fruits des recettes de la vente de bracelets pour lutter contre l'intimidation.

Des élèves se sont entre autres mobilisés pour organiser un comptoir à l'école des Timoniers, ce qui a permis de vendre, en une heure, plus de 70 bracelets affirmant « L'intimidation ce n'est pas ma solution ».

L'argent « servira à faire plus de projets pilotes. On veut créer une trousse pour aider les écoles. On a eu beaucoup de demandes en ce sens, pour savoir comment organiser l'intervention », a spécifié M. Roy. Le comédien a d'ailleurs évoqué l'ampleur des besoins organisationnels. « C'est bien beau nommer un intervenant, mais il lui faut du temps aussi », a-t-il souligné.

Selon Jasmin Roy, tant mieux s'il y a un changement à la suite de ses conférences, mais il mise surtout sur des gens sur le terrain en qui on peut avoir confiance: « Ça ne se fait pas dans une journée spéciale, mais au quotidien ». Et ce n'est pas nécessairement une tâche facile. « Juste de s'entendre sur les façons d'intervenir, sur les valeurs à véhiculer, c'est difficile », a noté Nathalie Nadeau, directrice de l'Odyssée.

« On souhaite tracer un portrait de chaque école, et voir comment on peut faire lien avec la communauté, a expliqué M. Roy. Il faut redonner les lettres de noblesse à l'éducation. Il s'agit pour la communauté de s'impliquer, sans faire de l'ingérence ».

Selon le comédien, il faut bien sûr s'occuper des victimes d'intimidation, mais aussi des agresseurs. « Il ne faut pas les ostraciser. On leur dit : « tu as le droit de te tromper ». Il faut leur montrer des comportements de remplacement, remplacer l'agression qui donne un plaisir immédiat par une activité qui augmente l'estime de soi », a-t-il exprimé.

La collaboration entre le gouvernement et la Fondation semble plutôt bien se dérouler, le projet de loi 56 ayant été adopté. « Il y a eu un très grand pas », a commenté Cédrick Beauregard, directeur général de la Fondation Jasmin Roy. « Le but de l'exercice est de travailler en synergie, on veut faire avancer le dossier pour eux », a ajouté M. Roy.

Intimidation et homophobie

« Un enfant sur dix est victime d'intimidation, une fois par semaine », a mentionné M. Beauregard. De plus en plus, l'homophobie devient un outil d'intimidation. Ça commence très jeune, les termes de « fif » et de « tapette ». Et à partir de la troisième ou quatrième année, ils comprennent très bien ce que ça veut dire. L'école est le milieu où il y a le plus d'homophobie ». D'ailleurs, non seulement ces termes sont très utilisés, mais les mots « gai » et « homosexuel » sont devenus des insultes courantes. « À la sortie de mon livre, des hétérosexuels m'ont dit que j'avais raconté leur histoire », a relaté M. Roy.

Changement de culture

Le comédien juge que l'école n'est pas l'unique responsable. Certains parents peuvent encourager leur enfant à se battre pour se défendre, parce qu'eux ont été élevés de la sorte. « Il doit y avoir un changement de culture », a affirmé M. Roy qui compte s'investir une dizaine d'années pour la cause, convaincu que les changements doivent s'opérer sur une génération.

L'initiative des bracelets pour lutter contre l'intimidation à l'Odyssée est aussi créée pour venir en aide aux membres du personnel. « Je suis intimidée au moins une fois par semaine, par un parent », a confié Mme Nadeau. Le projet semble tout de même avoir eu un certain écho chez les parents. « Ça fait plaisir de me promener dans mon quartier et de voir des papas qui portent le bracelet, en voir sur les rétroviseurs de voiture…», a raconté Mélanie Auger, éducatrice spécialisée.

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