D’où provient l’eau que nous buvons ?
Le laboratoire de l'usine de filtration d'eau permet de contrôler la qualité de l’eau. De gauche à droite, es étapes de filtration de l’eau, de son arrivée dans l’usine à notre robinet. (Photo: Isabelle Le Maléfan)
La Régie intermunicipale de l’eau de la vallée du Richelieu (RIEVR) a organisé une journée portes ouvertes de son usine de filtration d’eau potable, le 28 mai dernier. Une bonne occasion de comprendre toutes les étapes du traitement et de la nécessité d’économiser cette ressource naturelle essentielle à la vie.
L’usine de filtration d’eau potable est stratégiquement située face à la rivière Richelieu, sur le chemin des Patriotes, à Otterburn Park. « Nous utilisons l’eau de la rivière », explique Jacques Drouin, directeur général de la RIEVR. Il est donc quasi-impossible que le territoire manque d’eau un jour, et ce, sans compter la pluie des derniers jours, qui a fait gonfler la rivière à des niveaux records. La crue n'a toutefois eu aucune incidence sur le captage et le traitement de l’eau.
L'eau est acheminée par un système de vases communicants vers un puit de pompage d’eau brute, située à l’intérieur de l’usine. Le précieux liquide se rend ensuite dans un « dégrilleur automatique », qui retient les gros débris comme les branches ou les poissons. « Le lavage s’effectue à contre-courant pour envoyer les détritus aux égouts », indique M. Drouin.
Tout le reste du traitement de l’eau se fait de façon gravitationnelle, à environ 9 mètres, le point le plus haut de l’usine.
Un processus complexe
« Nous utilisons des produits chimiques pour rendre l'eau potable. Donc plus nous consommons d’eau, plus nous devons utiliser de produits chimiques. C’est pour cela qu’il est important de bien gérer sa consommation », poursuit Jacques Drouin.
Après avoir subi un traitement chimique et être passée dans des décanteurs, l’eau clarifiée doit être filtrée puis chlorée pour enlever tous les parasites, et ainsi la rendre potable.
Tout ce processus est relativement rapide. Il faut environ huit heures entre le moment où l’eau est pompée de la rivière et celui où elle est envoyée dans les aqueducs. « L’été, nous pouvons abaisser ce temps à six heures », souligne le directeur général.
Changer les habitudes
Au fil des années, l’usine s’est agrandie pour répondre aux besoins croissants de la population. L’an passé, la production a légèrement diminué par rapport à 2009. Le rapport annuel 2010 de la RIEVR indique que la consommation moyenne d’eau potable est de 373 litres par personne par jour. La moyenne québécoise est de 424 litres, et de 329 litres au niveau national. En France, la consommation est de 150 litres par personne par jour.
« Si la consommation ne diminue pas, nous n’aurons pas le choix, il faudra agrandir l’usine pour répondre à la demande. Les derniers travaux de 2005 ont coûté 20 millions de dollars. A cette époque, nous pensions avoir agrandi pour 20 ans. Mais si nous ne faisons pas des efforts de rationalisation, il faudra agrandir d’ici 5 à 10 ans », confie Jacques Drouin.
Pour limiter la consommation d’eau quotidienne, la RIEVR est constamment à l'affut des fuites dans le réseau. L'organisme conseille également aux résidants de récupérer l’eau de pluie entre autres pour arroser leur gazon, leur potager ou pour laver leur auto.
La RIEVR organisera une autre journée portes ouvertes de l’usine de filtration le 29 octobre prochain.
L’usine de filtration d'eau en quelques chiffres
Année de construction de l'usine : 1958
Nombre de stations de surpressions : 3
Nombre de réservoir d'eau sur le territoire : 4 (Sainte-Madeleine, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Mathias-sur-Richelieu et Jackson)
Nombre de municipalités alimentées par le réservoir : 9 (Beloeil, Mont-Saint-Hialire, Saint-Basile-le-Grand, Otterburn Park, McMasterville, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Sainte-Madeleine et une partie de Sainte-Marie-Madeleine)
Nombre de personne desservies en 2010 : 80 150 personnes
Nombre d'employés de la centrale : 11, dont 4 opérateurs qui se relaient sept jours par semaine, 24 heures sur 24
Nombre de kilomètres du réseau d'aqueduc : 24
Nombre d'analyses microbiologiques effectuées : 24, à 24 points différents du réseau
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