Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Trump et les droits de douane continuent d'alimenter la campagne fédérale

durée 15h40
2 avril 2025
La Presse Canadienne, 2024
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2024

MONTRÉAL — Pour une nouvelle journée, les menaces de Donald Trump sur le commerce extérieur ont marqué la campagne électorale fédérale, mercredi, alors que le pays était sur le qui-vive face à l'annonce du président américain sur une nouvelle salve tarifaire.

Au jour 11 de la campagne, les chefs des partis d'opposition ont fait valoir leurs solutions pour affronter les droits de douane de Washington, quelques heures avant que le locataire de la Maison-Blanche précise son plan à ce chapitre.

Le conservateur Pierre Poilievre a dit vouloir renégocier l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), avant sa révision prévue en 2026, s'il devient premier ministre le 28 avril, afin de dissiper «l'incertitude» face aux menaces tarifaires.

À Toronto, le chef du Parti conservateur du Canada a indiqué qu'il demanderait une suspension de tous les droits de douane pendant ces négociations. M. Poilievre exigerait aussi ce qu'il appelle des «lignes rouges» avant toute négociation avec le président Trump.

Ces lignes comprennent la sécurisation de la frontière, la protection des agriculteurs soumis à la gestion de l'offre et des travailleurs de l'industrie automobile, le maintien des droits sur l'eau et les autres ressources naturelles du Canada, ainsi que le maintien du dollar canadien, des langues officielles et des droits des Autochtones.

Le néo-démocrate Jagmeet Singh croit important de faire preuve de force face au président américain en répondant à ses droits de douane avec une stratégie «dollar pour dollar». Il a également promis, si son parti forme le prochain gouvernement, de ne jamais mettre sur la table de négociations la culture québécoise et la langue française, entre autres.

En campagne à Winnipeg, au Manitoba, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a dit qu'il faut aussi davantage d'investissements «pour créer de bons emplois au Canada» et pour avoir une économie «plus résiliente».

Son plan s'appuie sur des propositions politiques du NPD déjà annoncées, comme l'augmentation des prestations d'assurance-emploi, la construction d'un réseau électrique est-ouest et l'affectation des recettes perçues grâce aux droits de douane de rétorsion à des secteurs touchés comme l'acier et l'automobile.

De son côté, le bloquiste Yves-François Blanchet a reproché au premier ministre sortant et chef libéral, Mark Carney, de ne pas avoir pris contact avec lui depuis qu'il est en poste, notamment pour aborder la question des relations commerciales avec les États-Unis.

Selon le chef du Bloc québécois (BQ), l'ex-premier ministre Justin Trudeau était plus collaboratif que son successeur, recevant parfois des coups de fil de sa part pour discuter de projets et d'enjeux. M. Blanchet estime que M. Carney aurait tout intérêt à dialoguer avec le Bloc, dans l'éventualité où il détiendrait la balance du pouvoir aux Communes ou pourrait bloquer tout projet d'entente avec les États-Unis.

M. Blanchet était de passage à Causapscal, en Gaspésie, où il a présenté des solutions pour aider l'industrie du bois d'oeuvre qui pourrait être durement frappée par des droits de douane supplémentaires. Le Bloc demande l'adoption par le fédéral d'une Charte du bois qui obligerait le gouvernement à privilégier l’utilisation des produits du bois dans les constructions et les rénovations d’immeubles.

Au Parti libéral du Canada (PLC), M. Carney a suspendu ses activités électorales, mercredi, pour revêtir ses habits de premier ministre afin de préparer la riposte canadienne en vue de l'annonce de Donald Trump en fin de journée.

C'est François-Philippe Champagne, ministre des Finances sortant et candidat dans Saint-Maurice—Champlain, en Mauricie, qui a pris la relève de la campagne libérale. Il a fait une annonce à Granby, en Estrie, concernant le secteur agroalimentaire.

Il a présenté différentes mesures qu'un éventuel gouvernement Carney mettrait en oeuvre pour soutenir les agriculteurs et les travailleurs de cette industrie au Canada face à la menace commerciale des États-Unis.

Le PLC promet notamment de créer un nouveau fonds de transformation alimentaire national doté de 200 millions $. Le parti s'engage aussi à rendre permanente l'augmentation de la protection du revenu des agriculteurs en cas de baisse des revenus causée par les droits de douane, des intempéries ou d'autres «chocs externes». Ce montant d'aide passerait de 3 à 6 millions $ par ferme.

M. Champagne a également réitéré que les libéraux s'étaient engagés à protéger à tout prix la gestion de l'offre s'ils reviennent au pouvoir.

— Avec des informations de Patrice Bergeron

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne