Ottawa va consacrer plus de 18 millions $ à une politique de retour au bureau
OTTAWA — Les ministères et agences du gouvernement fédéral s'apprêtent à dépenser plus de 18 millions $ pour permettre la présence plus régulière de leurs employés au bureau.
Des milliers de fonctionnaires fédéraux ont adopté en juillet un nouvel horaire de travail les obligeant à être présents au bureau quatre jours par semaine. Les cadres ont quant à eux repris le travail à temps plein au bureau dès le mois de mai.
En réponse à une question écrite posée par la députée néo-démocrate Heather McPherson, 13 organismes fédéraux ont indiqué qu’ils prévoyaient de dépenser au total 18 720 150 $ pour réaménager ou acquérir des locaux afin de s’adapter à la fréquence accrue du travail en présentiel.
Innovation, Sciences et Développement économique Canada a indiqué qu’il dépenserait près de 5,7 millions $, tandis que Pêches et Océans Canada a déclaré qu’il dépenserait 4,2 millions $.
L’Agence des services frontaliers du Canada a estimé ses coûts à 3,9 millions $, tandis que Service correctionnel Canada a indiqué qu’il prévoyait de dépenser 1,37 million $.
Certains organismes fédéraux ont indiqué n’avoir aucun coût lié au retour au bureau, ou que ceux-ci étaient encore en cours d’évaluation. Plusieurs d’entre eux ont renvoyé les questions à Services publics et Approvisionnement Canada, qui a précisé qu’il évaluait toujours le coût.
Mme McPherson a déclaré mercredi à La Presse Canadienne que le gouvernement n’avait manifestement pas mené les recherches nécessaires pour étayer son affirmation selon laquelle le retour au bureau des employés serait avantageux sur le plan des finances.
Elle a ajouté que le coût total serait probablement bien plus élevé une fois que les réponses des autres ministères et organismes seraient disponibles.
«Ils ne disposent pas des informations dont ils auraient besoin pour prendre une décision éclairée et judicieuse qui protège les droits des travailleurs dans ce pays, a-t-elle pointé. Et pourtant, ils vont de l’avant avec des décisions qui nuisent aux gens, qui nuisent aux familles, qui nuisent aux travailleurs individuels dans le pays.»
Les réponses à une autre question posée par Mme McPherson dans le cadre de la liste des questions ont révélé que des dizaines de bâtiments fédéraux ont signalé la présence de nuisibles, tels que des souris, des rats, des chauves-souris et des punaises de lit depuis 2020.
Selon Heather McPherson, le gouvernement ne respecte pas les droits des travailleurs en les renvoyant dans des conditions de travail «dangereuses ou improductives».
Le manque d’espace de bureau retarde le retour des fonctionnaires dans certains ministères.
Michèle LaRose, porte-parole de Services publics et Approvisionnement Canada, a déclaré la semaine dernière qu’environ 10 % des fonctionnaires ne sont pas en mesure de retourner au bureau en vertu des nouvelles règles.
«À l’heure actuelle, la capacité des locaux existants permet d’accueillir environ 90 % des fonctionnaires sur place quatre jours par semaine (cinq jours pour les cadres), grâce à une combinaison de postes de travail attribués et non attribués, a-t-elle expliqué. D’après les informations dont nous disposons, cette proportion devrait passer à environ 95 % d’ici le 31 mars 2027.»
Mme LaRose a précisé que les organisations mettaient en œuvre ces règles en fonction de l’espace disponible et que, dans certains cas, les ministères procédaient à une mise en œuvre progressive pour certains groupes d’employés.
La porte-parole a également indiqué que 266 sites de cotravail fédéraux sont attribués aux organisations fédérales afin de répondre à leurs besoins en espace et de favoriser une présence accrue sur place.
Elle a précisé que ces sites sont attribués à l’Agence du revenu du Canada, à la Défense nationale, à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, à Emploi et Développement social Canada, à Environnement et Changement climatique Canada, à Pêches et Océans Canada et à Services publics et Approvisionnement Canada.
«En tant que prestataire de services communs, Services publics et Approvisionnement Canada continuera de collaborer avec les organisations pour optimiser les espaces de bureaux existants et fournir des locaux supplémentaires là où cela est nécessaire, et ce, dans les meilleurs délais», a assuré Mme LaRose.
Catherine Morrison, La Presse Canadienne

